Accueil Europe Islande Hiver arctique de Arnaldur Indridason

Hiver arctique de Arnaldur Indridason

0
0
68

Voici un polar venu du nord comme son titre l’indique.
arnaldurindridasonhiverarctique.gif
Il y fait grand froid et la neige apparaît sombre et maculée de boue et non blanche et virginale.
L’auteur et son livre
Arnaldur Indridason est islandais et journaliste. Il situe son action dans la banlieue de la capitale, Rekjavik, aujourd’hui peuplée de nombreux immigrés d’origine asiatique.
Le roman est aussi pessimiste que son héros, le commissaire Erlandur qui vit seul sa cinquantaine triste ponctuée par les visites de ses deux enfants dont il ne s’est guère occupé autrefois.
On y lit la crainte du changement de civilisation, la crainte de l’immigration chez les uns, la crainte des dérives racistes chez certains comme Erlandur, lequel ressemble à coup sûr à son auteur.
53619.jpg
L’intrigue
L’intrigue a des allures de fait divers : un garçonnet dont la mère est thailandaise, est retrouvé mort d’un coup de couteau, au pied de son immeuble. L’enquête nous promène dans l’école, auprès de divers enseignants, au domicile de la famille de l’enfant puis chez ses camarades de classe.
Après quelques menues péripéties, l’énigme se banalise encore puisque le (la, les) coupable est identifié.

Mon opinion
Le texte reste agréable à lire et le romancier parvient à maintenir un certain suspense d’autant plus qu’une autre affaire, une disparition, se dessine en fligrane.
Les caractères des personnages sont crédibles. Erlandur est cerné dans sa complexité d’homme solitaire, hanté par la tragédie qui a marqué son enfance : la disparition de son frère cadet lors d’une tempête à laquelle il a survécu lui-même. Se posent à lui avec acuité, différentes problématiques liées la société islandaise, insulaire et refermée sur elle-même : la crainte de la perte de l’identité culturelle, la banalisation de la disparition des personnes etc.

Le roman a reçu le prix Clé de Verre du roman noir scandinave. C’est la 3e fois que Arnaldur Indridason reçoit ce prix !

Ce que j’ai appris puisque je ne le savais pas
Les Islandais n’ont pas de nom de famille mais un prénom suivi d’un patronyme, soit le prénom du père auquel est ajouté le suffixe son pour les hommes et dottir pour les femmes.
Ce système permet aux Islandais de dresser très haut, leur arbre généalogique !
Davantage d’explications sont disponibles sur l’overblog titré Odyssée islandaise

Ce qui m’a été confirmé
Les gens du nord souffrent du froid contrairement à ce que pensent les gens du sud.

Voici le dernier paragraphe du roman :

Le froid resserra encore son emprise au fil de la soirée, renforcé par le vent glacial venu du pôle et de la mer, au nord, pour parcourir ce désert hivernal. Il s’élançait du haut de la montagne Skardsheidi, longeait les flancs de l’Esja et parcourait, la gueule béante, les basses terres où s’étendaient les habitations, cette scintillante cité de l’hiver, posée sur l’extrême rive nord du monde. Le vent s’avançait en hurlant à la mort et en sifflant entre les maisons ; il envahissait les rues désertées. La ville hibernait, comme dans l’attente immobile d’une épidémie. Les gens se cloîtraient à l’intérieur. Ils fermaient les portes, les fenêtres, tiraient les rideaux, en espérant que, bientôt, la vague de froid prendrait fin.

Charger d'autres articles liés
Charger d'autres écrits par Ambix
Charger d'autres écrits dans Islande

Laisser un commentaire

Consulter aussi

Recherchée de Karin Alvtegen

Le site de Karin Alvtegen l’image provient d’un site traitant de la littératur…