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Suicidaire de Keith Ablow

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L’auteur
Keith Ablow est un auteur de polar tout à la fois populaire et savant. Savant parce qu’il est lui-même expert en psychiatrie criminelle comme son héros récurrent, Franck Clevenger. Il connaît donc bien son sujet et ses romans en gagnent en crédibilité. Populaire parce que ses intrigues sont prenantes et son écriture accessible et rapide à lire.
Franck Clevenger, psychiatre exerçant d’abord en privé puis appelé à la rescousse par le FBI, est un de ces héros torturés qui parvient à se projeter dans l’esprit du criminel pour avoir eu lui-même, une enfance difficile et eu recours à diverses béquilles, alcool, drogue, jeu dont il est parvenu à se détacher même s’il reste constamment hanté et entravé par son passé.
J’ai lu plusieurs de ses romans avec intérêt et plaisir même si je trouve le personnage de Clevenger un peu fatiguant par son manque d’humour.

Le roman
Suicidaire est le 3e roman de Keith Ablow après Psycho-killer, Compulsion, et avant Psychopathe . D’autres ont suivi.
Suicidaire a été édité aux US en 2004 et traduit et publié en France en 2006.
L’histoire se déroule à Boston où vit Franck Clevenger mais pourrait se dérouler dans une autre grande ville des Etats-Unis. Les lieux comptent peu dans les romans de Keith Ablow. C’est ce qui se passe dans la tête des gens ici et maintenant qui l’intéresse. L’époque est résolument contemporaine, c’est à dire que certaines problématiques éthiques qui tiennent à notre temps, sont parfois abordées.

L’intrigue
Le cadavre d’un illustre chercheur, John Snow, est retrouvé dans une ruelle près de l’hôpital où il allait être opéré du cerveau. A-t-il craint les graves effets secondaires qu’entraînait l’opération et s’est-il donné la mort ou a-t-il été assassiné ?
La police, en l’occurence, le détective Mike Coady, dans l’incertitude, fait appel au psychiatre pour dénouer l’énigme.
La personnalité de la victime, John Snow est suffisamment complexe pour que toutes les hypothèses soient possibles. Sa vie familiale était pleine de tensions et de non-dits, il avait une maîtresse et, homme de génie , il était sur le point de faire une découverte d’importance internationale, susceptible d’être convoitée non seulement par son associé mais aussi par les instances industrielles et politiques.
Souffrant d’épilepsie chronique, il s’apprêtait à subir une opération qui l’en délivrerait au prix de la perte de sa mémoire affective. Il subirait alors comme une seconde naissance et libre de toute attache et de la maladie qui le mettait en servitude, il pourrait reconstruire sa vie.
N’a-t-il pas, au dernier moment, craint de faire ce saut et ne s’est-il pas tout simplement décidé d’en finir ?
La problématique de la perte de souvenirs douloureux grâce à la chirurgie est ici abordée indirectement puisque là elle n’est que conséquence d’une opération même si Snow est soupçonné le souhaiter.
La suppression de la mémoire affective pour guérir certaines pathologies est aujourd’hui possible mais on ne sait si elle est souhaitable et ce type d’opération pose différents problèmes éthiques dont ses effets pervers sur la vie des personnes qui étaient liées au malade.
Sans vraiment en débattre, le roman pose cette question en filigrane.
Le suspense est assez bien maintenu jusqu’à la fin car comme l’affirmait le détective Roady au début du roman « une affaire comme celle-ci peut générer plein de suspects… « 
Ici plusieurs des protagonistes vont être culpabilisés même si en définitive, le prix du crime ne devra être payé que par celui qui en a pris la charge.

L’écriture

Le style est assez direct et lisse. Pas de longues descriptions et beaucoup de dialogues. Pour camper un dialogue fantôme entre Clevenger et la victime qui est en quelque sorte aussi son patient invisible, l’auteur utilise un subterfuge : des flashback décrivent des scènes appartenant à la vie amoureuse de Snow quelque temps avant son décès.

Le héros et les autres personnages
De roman en roman, et à travers les différentes intrigues policières, on suit l’évolution du psychiatre Franck Clavenger. Comment cet homme, autrefois martyrisé par son père, s’en sort-il affectivement ? Suicide intervient à un moment où Franck Clavenger poursuit une liaison en pointillés avec une autre psychiatre mais surtout, endosse une paternité difficile pour avoir adopté le fils d’un criminel, Billy.
Les personnages croqués tout au long de Suicide, médecins, détectives, entourage de la victime, proches de Clevenger, sont assez crédibles, bien qu’ils aient tendance à se ressembler un peu, d’un roman à l’autre. Dans tous les cas, c’est Clavenger qui domine l’histoire et les autres font un peu effet de figurants. Franck Clevenger a du mal à se sortir de lui-même et on se prend à penser que c’est peut-être aussi le cas de Keith Ablow qui, sur ses photos, a le crâne aussi nu que son héros.

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