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A la une, à la deux, à la mort, « Three to get Deadly » de Janet Evanovich

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A la une, à la deux, à la mort,

Janet Evanovich a publié toute une série de romans policiers à succès ayant pour héroïne, l’une de ces charmantes jeunes femmes, issue d’un milieu populaire de migrants (souvent de l’est de l’Europe), que le souci d’arrondir des fins de mois difficiles amène à brandir professionnellement bombes lacrymo, tasers, et autres joujoux plus bruyants et dangereux.

Le personnage de Stéphanie et son environnement

Stéphanie Blum, belle et forte tête, pleine d’iniative mais avec suffisamment de laque et de vulnérabilité pour rester sexy, est l’héroïne de multiples aventures qui se poursuivent de roman en roman.  Travaillant  à ramener au tribunal les délinquants qui ne s’y sont pas présentés malgré l’ordre qui leur en a été donné, Stéphanie Blum est, tout au moins dans ce roman-ci,  une chasseuse de primes, travaillant pour un bureau où sont également présents, Connie aux airs de secrétaire mais qui est en fait la gérante, Vinnie le valétudinaire agent de cautionnement judiciaire, défini par son sourire huileux, et,Lula, une nouvelle embauchée, ex prostituée, noire, volumineuse, et battante, qui donne la touche pittoresque  tout en cherchant à définir ses compétences pour trouver sa place. S’ajoutent le coach de Stéphanie, un jogger d’élite et un vrai de vrai chasseur de primes, Ranger, dont la présence s’entoure d’un mystère opaque, histoire de le rendre un peu plus pesant, et Morelli, un flic qui l’a déflorée dans son adolescence et pour lequel, elle ressent des sentiments conflictuels. Enfin, totalement indispensable à ce type de romans, la famille, soit ici, la mère et la grand-mère qui sont là pour exalter la couleur locale et le goût du cake.

S’ensuit bien sûr une ribambelle de délinquants, plus ou moins masqués et identifiés.

Le roman 

 Three to Get Deadly, au titre simple et significatif (Trois qui se retrouvent morts) traduit maladroitement en français, « A la une, à la deux, à la mort’ », suit une intrigue finalement assez noire dans la mesure où Stéphanie, partie pour repêcher un marchand de bonbons qui avait fait un petit excès de vitesse, s’enfonce dans une histoire sombre où se mêlent des trafics en tous genres soutenus par une étrange association de quartier. Les cadavres bien sûr se multiplient sur son chemin.

Un roman qui se lit, certes, sans trop de difficulté et qui ne demande pas trop d’attention.  Certains passages sont assez amusants mais le langage maintenant bien connu de ces fausses naïves, langage composite qui donne la réplique du tac au tac quand il ne s’élabore pas à partir d’un monologue intérieur qui insiste sur les nourritures terrestres, et particulièrement la valeur du hot dog et du beignet, les montées de libido à la vue d’un ancien amoureux, le tout mêlé à quelques paroles fleur bleue émaillées de propos plus crus, avec en filigrane,  un raisonnement laborieux sur l’énigme en cours, finit par être lassant.

L’ambiance est donnée par un dialogue incessant interrompu seulement par les méditations de Stéphanie pétries du fantasme de l’accession sociale mêlée à des désirs plus immédiats. Les descriptions des lieux sont pratiquement absentes, ceux-ci étant probablement sans intérêt.  L’action est inscrite non tant dans l’intrigue qu’en une succession de mouvements brefs et de déplacements.

Citations

C’est, certes un roman d’action.

Au hasard p 99 : « Je tournai… je retraversai§… Je me glissai, J’entends… il attendait… Je me coupai une grosse tranche de cake…. »

Un peu plus loin : « Je m’arrêtai, je redémarrai… je garais la Buik…. »

Il faut dire aussi que l’on parle beaucoup de soucis de voiture, ce qui est une certaine façon d’entrer dans l’intimité du lecteur…

La phrase finale :

« Ses lèvres effleurèrent ma nuque, et je reçus une décharge électrique qui me secoua jusqu’à mon … di dou dah ! »

Ne pas oublier que Janet Evanovitch est l’auteur de beaucoup de romans d’amour, ce qui confère à ses romans policiers un côté « harlequin » authentique.

Le ton de la comédie

Le comique joue bien sûr sans cesse sur les contrastes : joliesse et fragilité de la jeune femme et boulot pour gros bras, intérêt pour le simple quotidien, nourriture et cosmétiques, amourettes, et meurtres en série. La plus grande cata du roman, est finalement une accident au salon de coiffure quand pour avoir trop posé (Stéphanie était partie courir après un coupable dans la galerie marchande) la teinture vire à l’orange.

Les scènes qui font avancer l’intrigue sont tant embourbées de dialogues, de mots inutiles, de rebondissements troubles dont on ne comprend pas trop les tenants et aboutissants, que l’on tombe dans la confusion ; on ne sait plus trop qui fait quoi et ce qui se passe vraiment. Mais on comprend bien que ce n’est pas là l’important.

En fait, n’étant dignes d’intérêt,  ni les lieux, ni l’environnement extrêmement banal, ni les personnages issus d’une expérience familiale et de quartier, ni l’action, conglomérat de faits divers, vaguement lus et retenus, ni l’amour restant incertain,  il reste en filigrane une certaine métaphysique du vide qui donne l’image d’un auteur angoissé,  en pleine dépression.

Concrètement c’est l’irruption du tragique dans un quotidien sommaire qui se profile en méta-argument,  et qui devient prétexte à distraction.

Parfois, ce type de roman m’amuse beaucoup, là non. Question de feeling.

Adaptation au ciné 

Cependant les romans de Janet Evanovitch ont du succès et l’un d’eux a même été adapté pour le cinéma : One for the money (en français : recherche bad boys désespérément) qui est sorti en France en février 2012.

Ma conclusion, lire un ou deux autres Janet Evanovitch, pour mieux me rendre compte de l’intérêt de ses oeuvres, et regarder le film puisque c »est vrai que l’écriture de Janet Evanovitch se prête parfaitement à l’écriture du scénario et à sa mise en images !

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