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Le cafoutchi du diable de Del Pappas

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Découverte d’un auteur français d’origine grecque, je peux me permettre de le signaler puisque lui-même se fait appeler « le Grec » dans le roman que je viens de lire.

L’homme

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Notons qu’il est né dans la cité que l’on dit phocéenne,  or « phocéenne » vient de Phocée, ville grecque antique dont les habitants fuyant leur patrie envahie par les Perses, fondèrent le port de Marseille où ils s’installèrent.

Et c’est peut-être une raison pour Del Pappas, d’être doublement attaché à la plus cosmopolite ville française.

Car Marseille imprègne tout le roman, avec ses rues, ses tics, ses girelles et tout son langage truculent.

Devenu écrivain sur le tard, en approchant la cinquantaine, il est d’abord photographe comme le héros du roman que je viens de lire à qui, il semble prêter son identité fantasmée.

Gilles Del Pappas est un écrivain tardif mais prolifique, puisque de 1998 à 2015, une quarantaine de ses ouvrages ont été publiés.

Il s’agit principalement de polars dont plusieurs sont destinés à la jeunesse mais aussi de romans autobiographiques, de recueils de nouvelles.

Des prix lui ont été décernés dont le Grand prix littéraire de Provence pour l’ensemble de son oeuvre.

Une remarque en passant : Del Pappas aime la nourriture et la cuisine, quelques recettes provençales suivent le texte du roman. Il a d’ailleurs tourné plusieurs vidéos racontant celles-ci ou d’autres.

Le cafoutchi du diable

le-cafoutchi-du-diable-95561-264-432                                   le vallon des Auffes

Roman provençal donc, et plus précisément de Marseille avec l’accent.

Sur la photo de droite, le vallon des Auffes où emménage Constantin

L’environnement est très présent, les quartiers de Marseille tressés par les souvenirs de l’auteur car tout se passe dans les années 80 et plus précisément en 1974, juste au moment de la révolution des Oeillets au Portugal que les protagonistes rêvent de rejoindre, aussitôt l’affaire en cours bouclée.

Marseille, ses rues, son port, ses calanques, son mistral qui balaie tout, sa mer mouvante. Et puis surtout ses gens, sa population qui va et vient. Ceux qui restent et ceux qui partent. Et ses malfrats, là aussi, la mafia du coin et puis l’internationale qui n’est jamais bien loin.

Et sa langue, son accent qui s’entend comme on lit ses mots et expressions qu’on ne comprend pas toujours. malgré le contexte.

Heureusement, le roman est suivi d’un glossaire où l’on se retrouve parfois tout heureux d’avoir bien deviné ce qu’il en était.

Par exemple, pour le titre du roman, j’avais traduit à l’instinct comme vous tous, Le cafoutchi du diable par « Le boxon du diable ». Je n’étais pas loin, un « cafoutchi » mot d’origine provençale, est « une petite pièce mal rangée ». Ne pas confondre bien sûr, avec « clafoutis », un mot probablement d’origine occitane, donc pas de bien loin (Marseille étant inclus dans l’Occitanie) qui est « un gâteau de cerises masquées ». Ne pas oublier que les cerisiers sont nombreux dans la région, notamment dans le Vaucluse qui fournit le tiers de la production française… mais comme toujours je m’égare…

Le thème

A l’occasion du déménagement de Constantin, qui passe d’un quartier de Marseille à un autre où son appartement a vue sur la mer, un de ses copains, le Parisien, « emprunte » un petit camion pour l’aider à transbahuter son matériel car la « titine » de Constantin, une comparse également très présente, n’est pas bien grande. En déballant les cartons, on s’aperçoit que l’un d’eux contient des mains coupées d’enfants.

Horreur à laquelle l’on ne s’attendait pas, car l’ambiance a démarré assez guillerette, et qui mène l’intrigue, truffée de bagarres dans sa seconde partie.

Les protagonistes

La bande de potes : 1/ Constantin, le héros photographe de presse, 2/son vieil ami et ex colocataire, Philippe, policier qui vient de passer son diplôme, 3/ un autre copain, le Parisien, venu donner un coup de main, c’est le moment de le dire, car s’il n’avait pas volé un camion (par pure solidarité) tout ceci ne serait pas arrivé.

Les nouveaux arrivants, une belle Russe, Tatiana, et l’un de ses comparses qui prendra du volume sur la fin, Igor.

Les filles : La vieille Esther, une image maternelle et cuisinière, Tatiana, la fille intelligente et sexy qui domine le roman, mais on l’a déjà citée,  Marie, une ex de Constantin, artiste plasticienne, une bande de féministes vivant en communauté (ce sont les années 80 !), dont Sidonie qui les mène.

Des gens de passage, rencontrés au hasard des errances du groupe, un homo, un tricoteur…

Et puis les méchants dont l’un est plus étoffé que les autres et tient une société destinée à arranger les affaires maffieuses qui tournent à la gabegie.

L’ambiance

Des copains et des copines, du sexe, de la bagarre, du voyage à l’horizon, des rêves fous, et une bonne dose de couleur locale et d’humour.

Sans compter un vent violent.

Mes conclusions

Un bouquin agréable à lire, une intrigue à peine dessinée mais on s’en doutait, elle n’est qu’un prétexte. On ne choisit pas Del Pappas pour ses énigmes. La découverte des manières locales suffit, les descriptions sont excellentes et l’écriture très dynamique.

A conseiller comme livre de détente.

Bonus

A lire : un article de Toulouse/les polars du sud

A consulter la chaîne U tube de Gilles Del Pappas

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